Au XVIIe siècle l’activité musicale à la cour ottomane de Topkapi est intense et la pratique classique actuelle à Istanbul perpétue l’interprétation de ces grandes oeuvres. Ce que l’on sait moins c’est que la transmission d’un impressionnant corpus des XVIe et XVIIe siècles est l’oeuvre de deux musiciens et musicologues européens, Dimitri Cantemir (1673-1723) chrétien de Moldavie (alors sous tutelle ottomane) et Wojciech Bobowski. Drogman à la cour d’Istanbul il se convertit à l’Islam sous le nom d’Ali Ufki.
Il s’initie à la musique et à la composition ottomane et réalise une oeuvre énorme le Mecmûa dans laquelle il transcrit en solfège occidental une somme de 600 oeuvres instrumentales et vocales. Marc Loopuyt se propose de faire revivre une sélection de ces chefs-d’oeuvre incontournables du répertoire ottoman. Ses critères esthétiques impliquent l’usage d’instruments anciens ou de reconstitutions conformes, de cordes en boyau ou en soie, de plectres en plume et de la pratique d’un art de la variation et de l’ornementation ni figé ni pédant.